Acatenango: Ce que j’aurais aimé savoir plus tôt

Malgré de nombreuses visites au Guatemala, je n’avais jamais entrepris la populaire ascension d’un des plus haut volcan du pays : Acatenango. Populaire dû à sa proximité de la ville historique d’Antigua, ce sommet de plus de 3900 mètres offre une vue phénoménale sur son très actif voisin, le volcan Fuego. Après avoir entendu les récits de toutes celles ayant fait l’expédition, j’ai décidé de me lancer également le défi. Même si je ne suis pas une grande alpiniste, je me considère comme une personne en bonne santé et modérément active. Je me disais donc que, bien équipée, j’allais pouvoir réussir la montée comme toutes mes amies avant moi. 


Quelques jours après le périple, alors que je suis toujours ankylosée et que j’ai de la misère à monter quelques marches sans pousser un «eh boboy», je suis forcée d’admettre que j’aurais aimé avoir plus d’informations sur les 24 heures que j’allais vivre afin de me préparer, encore mieux, pour cette expérience. 

Voici donc ma liste de choses à savoir avant d’entreprendre l’ascension du fameux sommet Acatenango.  

Premièrement, pour résumer brièvement l’expérience que j’ai vécu, la journée a commencé avec la rencontre de nos guides et le briefing pré-montée. On nous a expliqué l’horaire de la journée, les différents points d’arrêt, les dénivelés et les possibles risques et difficultés au courant du parcours. On nous a remit un petit sac avec des collations et deux repas que nous devions ajouter à notre charge et on a commencé à monter autour de 9h du matin. La montée jusqu’au camp de base, où nous allions passer la nuit, a duré environ 5h30, le tout incluant plusieurs temps de repos. Pour plusieures (dont moi), l’effort physique s’est terminé là et nous avons pu nous reposer en regardant Fuego cracher son feu dans le coucher du soleil. Les guides prennaient le temps de nous préparer des boissons chaudes, un repas et un feu de camp pour garder tout le monde au chaud. Celles qui avaient encore de l’énergie pouvaient poursuivre la randonnée pour s’approcher du volcan Fuego et passer une heure près de son cratère très actif. Elles devaient reprendre la route vers 16h30 pour ne revenir qu'aux alentours de 21h. 

Moi, j’ai décidé de rester boire du chocolat chaud, merci bien.

Après une courte nuit, nous pouvions décider d’aller au sommet de Acatenango pour y voir le lever du soleil. Cette ascension supplémentaire est d’environ une heure trente minutes et le temps passé au sommet dépend de la météo. Dans notre cas, comme il faisait très froid et nuageux, nous sommes restés environ vingt minutes. J’ai participé à cette ascension supplémentaire et laisse-moi te dire que les céréales chaudes au retour n’ont jamais goûté aussi bon! 

Nous avons entrepris la descente d’une durée de trois heures à la suite du déjeuner et nous sommes revenus à Antigua juste à temps pour aller dîner (ou pour faire une sieste jusqu’à la fin des temps). 

Nous avons réalisé le périple avec l’entreprise familiale V Hiking Tours et nous avons eu un accompagnement exceptionnel.

Bref, ce fut tout une expérience! Voici quoi savoir avant d’entreprendre ce long périple.


1.C’est un effort physique élevé.

Je vais commencer par dire que cette ascension est difficile. On avait beau me l’avoir dit, j’ai tout de même pensé, à plusieurs moments, ne pas pouvoir finir le parcours.  Comme dit plus haut, je suis de forme modérée, je n’ai pas de maladie affectant mes capacités respiratoires ou cardiaques et je pratique du sport plusieurs fois par semaine. Je peux donc habituellement faire des randonnées sans vouloir vendre mon âme au diable pour atteindre le sommet. Dans le cas de ce sommet, plusieurs facteurs peuvent rendre l’expérience d’autant plus difficile alors la première question à te poser c’est: Est-ce que je suis en bonne forme physique? 


Si la réponse est: «je suis en excellente forme physique», tu peux entreprendre le périple avec des précautions normales. Si la réponse est «j’ai une forme physique modérée», je te conseille d’alléger ton fardeau en payant une porteuse pour ton sac par exemple. Si la réponse est «bof, je pratique très peu de sport», l’ascension sera extrêmement difficile et tu devrais peut-être considérer un autre moyen pour te rendre en haut. D’autres options s’offrent alors à toi comme la montée à cheval ou le véhicule tout-terrain.


2. La journée même, il faut être en bonne forme.

Mon copain et moi avons eu l’idée de faire un gros carb load la veille de la montée. On s’est donc gavé de pâtes alfredo et, résultat, j’ai eu toute une indigestion le lendemain. Yé! Le guide m’a initialement refusé l’accès à la montagne et m’a expliquée que, non seulement je n’avais pas la tête d’une fille capable de faire une rando cette journée là, mais que si ma condition me forçait à arrêter l’ascension, ce serait tout le groupe qui serait pénalisé. Heureusement, les symptômes se sont rapidement dissipés et j’ai pu entreprendre la montée avec tout le monde. Donc, oublie ça d’aller prendre quelques bières la veille ou de passer la journée sous le soleil d'El Paredon au point de te claquer une insolation. Si les guides jugent que tu n’es pas en état de monter, tu pourrais te faire refuser l’accès.  

3. Ne pas sous-estimer le froid ni le chaud.

En montagne, il fait habituellement très chaud le jour et très froid la nuit. La température change rapidement et une averse de pluie est difficile à prévoir, surtout à cette altitude. Ce n’est donc pas parce que le climat est doux à Antigua que ce sera de même au camp de base. On y frôle même fréquemment le point de congélation. Il est donc presque essentiel d’amener une tuque, des mitaines et plusieurs épaisseurs de vêtements pour assurer un repos au chaud. Pour celles qui ne veulent pas traîner des vêtements d’hiver durant leur voyage en sac à dos, plusieurs compagnies offrent la location de ce matériel pour un prix très raisonnable. 

Nos visages frigorifiés à 3900 mètres d'altitude

4. Il faut avoir le bon matériel.

Le sentier vers le camp de base, c’est 80% d’ascension et, plus on s’approche du sommet, plus le sol terreux se transforme en sable volcanique. Bien que quelques dingos réussissent à atteindre les 3900 mètres avec leurs espadrilles de ville blanches, il est fortement recommandé de porter des bottes ou des souliers de randonnée, car non seulement c’est glissant, mais c’est aussi salissant. De plus, les bâtons de marche sont un must pour supporter ton poids lors de la montée et pour éviter les chutes lors de la descente. Finalement, un sac avec des sangles aux hanches et au torse sera beaucoup plus confortable pour supporter le poids de tes effets personnels qu’un sac à dos ordinaire. Tu vas me dire que j’écris des évidences, mais je te mets au défi de compter le nombre de randonneuses qui ont un équipement totalement inadéquat. 

Pour réaliser le parcours vers Fuego et du sommet, la lampe frontale est un essentiel.

5. Fais ton sac de façon intelligente. 

L’ascension peut être d’autant plus ardue si tu trimballes un sac très lourd, donc je te conseille d’amener uniquement ce que tu comptes utiliser. Comme il n’y a pas de douches au camp de base, oublie ton savon et ta serviette par exemple. Prends aussi le temps de mettre les objets les plus lourds ( a.k.a. les bouteilles d’eau) dans la pochette la plus près de ton dos. Il est généralement possible de laisser tes surplus en toute sécurité dans les locaux de la compagnie avec qui tu fais affaire. À la fin de cet article, je te propose une liste détaillée des objets à emporter. 

6. L’eau.

Les organisatrices conseillent d’amener 3 litres d’eau avec toi en plus de quelques collations personnelles. Par contre, trois grosses bouteilles d’eau, c’est super lourd et, personnellement, je n’en ai bu que la moitié.

Comme c’est une ascension assez populaire et bien organisée, on retrouve plusieurs points de vente dans les aires de repos et tu peux y acheter de l’eau, des boissons sportives, des bonbons, des croustilles et même du café et des fruits frais. Bien qu’il te coûtera un peu plus cher d’acheter ces choses-là sur la montagne (environ 4$ au lieu de 1,50$ pour une bouteille d’eau), ça te permettra de traîner moins de poids avec toi durant la partie la plus ardue de la randonnée. De mon côté, avec mon estomac à l’envers, les noix achetées la veille me tentaient pas mal moins que le sac de jujubes que je voyais dans le magasin. Troquer une bouteille d’eau pour une bouteille de jus peut aussi être une bonne idée.

La première station de ravitaillement du parcours se situe à environ 30 minutes de marche du début

7. Les options de logement.

Chaque camp de base offre des options de logement différentes, allant de la tente à trimballer toi-même aux cabines privées et couvertes de la pluie. Ce qu’ils ont tous en commun, c’est une superbe vue sur le volcan Fuego (yé!). Comme la pluie est imprévisible et que les averses peuvent être très fortes, l’option de la tente est un peu plus risquée et j’ai eu le feedback de compatriotes québécoises que l’eau pouvait entrer dans la tente en pleine nuit. Pas super quand tu es déjà mouillée de ta randonnée et qu’il fait maintenant 2 degrés. Nous avons personnellement dormi dans une cabine privée, bien isolée, et nous n’avons même pas eu conscience de l’averse. À toi de voir l’option qui te convient en fonction de ton budget.

Les cabines de notre camp de base à 3600 mètres d'altitude

8. Prévoir de la médication pour le mal aigu des montagnes.

À partir de 2500 mètres, il est possible de ressentir des symptômes associés au mal aigu des montagnes (MAM). Les symptômes tels que des maux de tête, les nausées et la perte d’appétit sont en lien avec la disponibilité réduite en oxygène. L’ascension rapide vers le camp de base à 3600 mètres te rend plus à risque de développer des symptômes qui rendront ton expérience désagréable. Il est heureusement possible de prendre de la médication préventive et ta pharmacienne est la meilleure ressource pour le conseiller dans le choix de traitement. 

9. Tu devras pratiquer ton espagnol.

Bien que notre briefing ait été donné en espagnol et en anglais par le directeur du centre, les guides de notre groupe avaient un anglais très limité et nous devions fréquemment traduire les instructions pour certaines randonneuses une fois rendu sur la montagne. Si tes cours de langue du secondaire sont loin derrière toi et que tu veux communiquer efficacement avec les employées, je te conseille d’avoir en poche une application de traduction ou de chercher une compagnie qui offre un service en anglais.  

10. Il y a beaucoup de chiens.

Ça, ce n’est pas une mise en garde trop sérieuse. C’est absolument divertissant de voir la dizaine de doggos des montagnes suivre les groupes jusqu’au sommet, puis de redescendre le lendemain pour recommencer de plus belle. Quand ma tolérance en était à sa limite, voir les petites meutes monter à mes côtés me redonnait le moral. Ils sont bien traités et ils mangent les restes de table des randonneuses mais ils seront certainement contents si tu prend le temps de leur amener des croquettes pour chien.

Ce petit chien a suivit les groupes de randonneuses jusqu'au sommet

Bref, gravir Acatenango est une expérience difficile qui demande de la préparation mais qui vaut la peine d’être vécue. Bien outillée, je suis certaine que tout le monde peut vivre l’expérience unique de dormir à quelques centaines de mètres d’un volcan en éruption. Personnellement, je le recommande à toutes celles qui veulent se lancer le défi.

Bon trip!

Ma liste pour un sac bien rempli: 

Bottes ou souliers de randonnée avec semelles antidérapantes;

Une paire de bas chauds et deux paires de bas de sport;

Pantalons de randonnée;

Pantalons et chandails longs pour la nuit;

Chandail court de sport;

Chandail long pour température douce;

Chandail très chaud pour le sommet;

Manteau de type coupe vent et coupe pluie;

Poncho assez gros pour couvrir ton sac et toi;

Tuque, cache-cou et gants pour le sommet;

Sous-vêtements;

Une rechange de vêtement en cas de pluie;

Pochettes chauffantes de type «Toe Warmers»;

Articles de toilette de base (brosse à dents, pâte à dents, déodorant et médication personnelle);

Petite serviette pour se faire une toilette à la main;

Sac de plastique pour mettre tes vêtements mouillés en cas de pluie;

Bâtons de randonnée;

Lampe frontale;

Eau et jus;

Collations légères;

Poudre d'électrolytes;

Nourriture pour les chiens de montagnes :).

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